Appel à communications

Pour une éthique phénoménologique

21-22 septembre 2018 | Université Laval, Québec

À première vue, on pourrait penser que la philosophie morale se tient aux limites ou au-delà des frontières de la phénoménologie. Quant à son objet, la phénoménologie aborde en effet des thèmes épistémologiques ou métaphysiques qui semblent extérieurs au champ traditionnel de l’éthique. De plus, par sa méthode rigoureusement descriptive, la recherche phénoménologique ne semble pas pouvoir fournir une contribution significative à l’éthique normative. Par ailleurs, quand les phénoménologues proposent de se pencher sur des thèmes éthiques ou moraux, leur conceptualisation phénoménologique est difficilement assimilable aux discours éthiques dominants.

Cependant, pour un lecteur initié, la phénoménologie se révèle être bel et bien traversée par des problématiques et des considérations éthiques, qui ne se limitent pas au traitement explicite qu’en ont fait Husserl, Scheler, Levinas, Sartre ou Beauvoir. En effet, l’interprétation nouvelle de notions classiques et l’invention de nouveaux concepts par la phénoménologie, et la philosophie continentale s’en inspirant, contribuent à la réflexion éthique ; toutefois, le plus souvent, ces investigations sont animées par le sentiment urgent d’établir une norme, plutôt que par la tentative de développer une théorie morale.

Le Laboratoire de philosophie continentale à l’Université Laval propose d’offrir un espace pour discuter de la possibilité d’une éthique phénoménologique. Cette discussion, autour des thèmes propres à une phénoménologique éthique, à laquelle nous vous convions s’inscrit en continuité avec les réflexions menées dans le cadre du séminaire « Phénoménologie et éthique : la corporéité et la temporalité de la vertu » en cours (Prof. Landes, Hiver 2018, Université Laval).

 

À titre d’exemple, dans le cadre de ce séminaire, un dialogue entre des textes classiques de la phénoménologie et des théories morales contemporaines fondées sur une éthique de la vertu néo-aristotélicienne a été établi autour des thèmes suivants : l’habitude ; la vie bonne (dans une mauvaise vie) ; le rôle du soutien externe ou de la fortune dans l’eudaimonia ; l’oppression et la formation du caractère ; l’expérience intime du caractère comme devenir temporel ; l’importance des émotions et leurs rapports à la raison ; et la perception de la valeur dans l’expérience vécue. Les participants sont également encouragés à proposer des communications sur d’autres thèmes, tels que : les critiques phénoménologiques de l’éthique classique ; le corps et le genre dans l’éthique ; l’influence de l’oppression sur la perception ; les réflexions phénoménologiques sur le rapport entre la politique et l’éthique ; la critique de la subjectivité à l’intérieur et en dehors de la tradition phénoménologique ; l’intersubjectivité et la place des relations dans l’expérience humaine.

 

Les invité-e-s d’honneur :

  • Laurent Perreau, Membre du Laboratoire des Logiques de l’agir (EA 2274), Membre associé des Archives Husserl de Paris (UMR 8547), Professeur des Universités – Philosophie contemporaine à Université de Franche-Comté.
  • Anthony Steinbock, Director of the Phenomenology Research Center, Professor of Philosophy at Southern Illinois University Carbondale).
  • Gail Weiss, Executive co-director of the Society for Phenomenology and Existential Philosophy, Colombian College Dean’s Research Chair and Professor of Philosophy at The George Washington University

 

Soumission des communications : Les propositions de communications doivent être soumises au plus tard le 1er juillet 2018 à l’adresse électronique suivante : . Les propositions de communication doivent contenir un résumé de la communication (maximum de 500 mots), le titre provisoire de la communication, ainsi qu’un maximum de cinq mots clés. Les propositions en français et en anglais seront considérées. La sélection des propositions se fera en double aveugle, et en ce sens, les propositions de communication doivent être envoyées (en format Word) sans aucune mention du nom des participants. Les communications seront d’une durée de 30 minutes, suivies d’une période de questions.